L’été 2026 a été marqué, cette année encore, par de nombreux feux de forêt dévastateurs. Et cette fois-ci, c’est arrivé près de chez vous : notre royaume a essuyé le pire incendie de son histoire dans les Hautes Fagnes. Pourtant, le climat et l’environnement peinent à s’imposer dans l’agenda des gouvernements.
Lundi 14 septembre, jour de rentrée académique, mais aussi date à laquelle l’incendie qui a ravagé les Hautes Fagnes a été considéré comme maîtrisé. Un mois jour pour jour après la prise de feu. Ce dernier n’est d’ailleurs toujours pas considéré comme éteint. Au moment d’écrire ces lignes, des reprises ponctuelles de feu continuent d’avoir lieu. Concrètement, les flammes les plus intenses sont neutralisées et les lisières sont sous contrôle. Le feu ne peut être considéré comme officiellement éteint que lorsque toute braise ou tout point chaud est maîtrisé. Tant que ces critères ne sont pas remplis, la présence des pompiers sur le site se poursuit. Ces incendies paraissent déjà lointains, et pourtant le retour de l’automne ne signifie pas que l’on doive oublier l’ampleur de ces catastrophes.
Toute l’Europe sévèrement touchée
La Belgique n’est que l’un des pays durement atteints en Europe. Nos voisins français viennent très vite à l’esprit, ayant essuyé deux incendies majeurs. D’une part, en Île-de-France à Fontainebleau, à 50 km de Paris. D’autre part, 47 000 hectares ont été ravagés en Gironde et dans les Landes, au sud-ouest de l’Hexagone. Cela représente près de trois fois la surface de la Région de Bruxelles-Capitale. L’Espagne n’est pas en reste, avec 300 000 hectares envolés en fumée aux quatre coins du pays. Cela représente près de la moitié du total de l’UE, avec 676 022 hectares volatilisés au 16 septembre selon les chiffres de l’EFFIS, le système européen d’information sur les feux de forêt. C’est environ 1,5 fois la superficie de la province du Luxembourg (445 925 ha).
L’été le plus frais du restant de votre vie
Il serait tentant de pointer du doigt ceux qui ont allumé la mèche, que ce soit accidentel ou intentionnel. Ce serait cependant passer à côté de la cause profonde de la prolifération de ces catastrophes. Le réchauffement climatique affecte sensiblement toutes formes d’habitats naturels, y compris les forêts : changements dans le cycle des pluies, dans la quantité d’eau et d’humidité présente dans le sol. Le temps plus chaud et sec facilite le début du feu et rend sa propagation plus difficile à contrôler. Les quantités de CO₂ dégagées par les incendies renforcent à leur tour le réchauffement climatique, scellant un funeste cercle vicieux. Or, les Nations Unies l’ont annoncé début septembre : sans surprise, le seuil de 1,5 °C sera dépassé. Dès lors, il serait bien optimiste, pour ne pas dire irréaliste, d’espérer que l’on ne connaîtra pas d’été plus dévastateur que celui-ci.
Le réchauffement climatique en bas de l’agenda politique
Pour autant, le réchauffement climatique peine à s’imposer dans l’agenda des puissants. Ainsi, lorsque Jean-Luc Crucke, ministre fédéral du Climat, adresse un courrier à 21 ministres différents afin de réclamer une plus grande coordination pour adapter le pays aux changements climatiques, les partenaires de majorité ne sont pas très enthousiastes. Outre-Atlantique, Trump n’a cessé de détricoter toute forme de mesure environnementale. Pourtant, en 2002 déjà, Jacques Chirac nous disait : “Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.” Au final, la violence des rapports de force géopolitiques, la concurrence économique effrénée et l’inertie destructrice de la crise écologique auront eu raison de nos forêts.
