Plat étudiant : pièges à bas coût et santé de luxe

Midi pile. Vous sortez de votre cours avec une fringale indescriptible et un besoin urgent de faire taire cette voix qui vous pousse à manger n’importe quoi. Jour après jour, vous faites toujours face au même dilemme : manger facile ou manger sain.

Plusieurs choix s’offrent alors à vous. D’un côté, le Quick ou le Burger King vous feront manger rapidement au prix d’une explosion de sel et de gras dans votre estomac. De l’autre, des enseignes qui se prétendent « healthy » comme Exki transforment un simple bol de soupe en produit de luxe inaccessible. Entre les fritures pas chères et les produits frais réservés aux mieux lotis, l’étudiant moyen n’a pas de choix. Le portefeuille va parler. En dernière issue, il vous reste à faire face à la file interminable du resto U.

Piège à dopamine 

Pour s’attirer la fidélité des consommateurs, l’industrie mise sur trois valeurs refuges : le sel, le sucre et le gras, en plus d’autres additifs malfaisants pour combler votre soif de goût. Souvent, un seul burger couvre largement la moitié de votre apport de 5 grammes de sel recommandé pour la journée. 

L’illusion du repas à bas coût

En milieu urbain, le casse-croûte pas cher est souvent un piège. Pour vous remplir l’estomac avec un budget serré, le réflexe reste la friture, le pain blanc noyé de sauce et les viandes ultra-transformées. 

C’est là que le resto U change la donne, en servant un plat malin ou végétarien à 4 euros chaque jour. S’il peut se permettre une telle folie financière sans empoisonner ses clients, c’est grâce aux subsides de l’UCL qui couvrent une partie des coûts de la main-d’œuvre et des matières premières nécessaires aux préparations. Là où d’autres chaînes de restauration réduisent la qualité de leurs produits en même temps que leurs prix, le resto U s’appuie sur le soutien de l’UCL. Sans cela, leurs assiettes doubleraient en prix, et la précarité des étudiants se changerait en crise sanitaire.

Alternatives aux basiques 

Pour tenter de résister à cette dérive sans rendre ses plats fades, le resto U ajoute des aromates et épices de toutes sortes. Les valeurs nutritionnelles sont mesurées par le logiciel Youmeal, chargé de produire les fiches nutritionnelles des repas qui sont présentées aux consommateurs lors du service. Dans un souci de transparence, les restos U affichent les composants de leurs plats quotidiennement (protéines, fibres, graisses, sodium, …), en plus de l’Éco-score. Les menus, de plus en plus inclusifs, sont constitués sur plusieurs semaines consécutives et sont discutés avec une équipe santé de l’UCL.

Pour autant, il faut savoir que ces affiches ne sont que le reflet de leurs plats à un moment donné. En outre, les doses de votre plateau dépendront en partie du coup de main plus ou moins généreux du serveur quand vous passerez devant lui.

Fracture sociale

Les restos U proposent des milliers de repas par an aux étudiants. Logiquement, satisfaire tout le monde est un défi qui relève de l’impossible, en raison des goûts et valeurs de chacun. Ainsi, supprimer intégralement les fritures impliquerait une passe décisive au fast-food d’en face. À l’inverse, proposer uniquement de la malbouffe repousserait les personnes soucieuses de leur santé.

Le resto U n’est pas un restaurant diététique, mais il est loin d’être un énième clone du McDo. Il est le miroir d’une société qui tente d’atténuer le choc à midi, tout en rappelant une vérité amère : tant que mal bouffer restera moins cher et moins compliqué que de manger sain, l’équilibre dans vos assiettes restera un privilège de classe plutôt qu’un droit fondamental.

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