“Quand la terre brûle, mieux vaut être en l’air”, c’est probablement ce que se sont dit les passagers des 153 359 vols commerciaux enregistrés par Flightradar24 le 23 juillet dernier. En effet, ce jour-là, le record du nombre de vols commerciaux en une seule journée a été battu alors même que d’immenses feux de forêt ravageaient le globe et que la canicule était à son paroxysme…
Cette coïncidence pose évidemment question quand on connaît l’impact de l’avion sur le changement climatique, principal moteur des canicules et feux de forêt. De fait, ce sont majoritairement les gaz à effet de serre, comme le CO2, qui sont responsables de l’augmentation de la température planétaire. Or, l’avion est le moyen de transport qui émet le plus de CO2 par passager et par kilomètre avec 285 g. À titre de comparaison, selon l’ADEME, la voiture n’en émet que 141 g, le bus 67 et le train 4. Ainsi, l’aviation commerciale contribue à hauteur de 2,5% au total des émissions de CO2 d’origine humaine.
Mille et une raisons de prendre l’avion
Pour savoir pourquoi les adeptes du voyage par avion le privilégient par rapport à ses alternatives, plusieurs facteurs sont à prendre en compte. La principale raison citée est l’incontestable gain de temps par rapport aux autres manières de se déplacer. Additionnellement, à partir d’une certaine distance, il est bien souvent moins cher d’y avoir recours. Enfin, même si cela dépend des individus et de leurs préférences, le confort qu’il apporte est également un argument de poids en faveur de l’avion.
Il est aussi intéressant de se pencher sur l’utilisation que font les gens de ce moyen de transport. Tout d’abord, il est important de noter que la majorité des déplacements en avion sont motivés par des raisons récréatives, suivies des voyages d’affaires puis seulement des raisons familiales. Ensuite, selon les statistiques pour l’année 2025 de la DGAC (Direction Générale pour l’Aviation Civile), 70.25% des passagers au départ de France métropolitaine ont emprunté un vol court-courrier (moins de 1500 km), 9.24% un vol moyen-courrier (entre 1500 et 3500 km) et 20.33% un vol long-courrier (plus de 3500 km).
On constate que la majorité des voyages en avion ont un objectif récréatif et couvrent de courtes distances. Ils pourraient donc être évités ou parcourus à l’aide d’une alternative plus écologique.
À la lumière de toutes ces informations, on peut se demander pourquoi la majorité des individus ayant accès à ce moyen de transport y ont recours alors même que les conséquences désastreuses de son utilisation sont visibles depuis leur hublot ?
Vive la dissonance cognitive
La dissonance cognitive est la tension psychologique induite chez une personne par une opposition entre ses croyances ou valeurs et son action effective. Dans le cas présent, il s’agit du paradoxe que crée la coexistence entre l’idée largement acceptée qu’il faut lutter contre le réchauffement climatique ainsi que ses conséquences comme les feux de forêts et l’utilisation que font les individus de l’avion qui y contribue directement.
Heureusement pour les amateurs d’avion, il existe de nombreuses manières d’atténuer cette dissonance afin de pouvoir continuer à le prendre tout en ayant bonne conscience ! On peut par exemple se dire que notre action individuelle n’a aucun impact sur le problème global ou que si on ne le fait pas nous, quelqu’un d’autre le fera de toute manière. Tout ça sans oublier de clamer haut et fort que l’on roule en SUV électrique, ce qui constitue déjà un effort amplement suffisant…
