Qu’en est-il de la situation à Gaza ?

Tandis que les regards du monde entier se tournent vers de nouvelles tensions internationales, une autre guerre continue de détruire la bande de Gaza. Le calvaire des Gazaouis ne s’arrête pas, même lorsque les projecteurs médiatiques s’éloignent.

Pour comprendre l’ensemble de la situation actuelle à Gaza, il faut savoir qu’elle s’inscrit dans le conflit israélo-palestinien. Marqué dès 1948 par des déplacements massifs de population, puis par l’occupation de l’enclave par Israël en 1967 et le blocus strict instauré à partir de 2007 à la suite de l’arrivée au pouvoir du Hamas. 

Cette situation, déjà tendue, explose le 7 octobre 2023. Une offensive d’une violence inouïe menée par le Hamas et d’autres groupes armés en territoire israélien a entraîné la mort de près de 1 200 personnes (principalement des civils) et l’enlèvement de plus de 250 otages. En réponse, Israël déclenche une campagne de frappes massives et une invasion terrestre des territoires palestiniens, provoquant des dizaines de milliers de morts et une catastrophe humanitaire d’une ampleur historique.

Des vies brisées et des morts en continu

Malgré la réduction relative de certaines opérations militaires, le nombre de morts ne cesse d’augmenter. Le lundi 21 septembre, trois Palestiniens, dont un enfant de 11 ans, sont tués par les frappes d’un char israélien. Ce dernier avait ouvert le feu sur des tentes situées dans le camp d’Al-Mawasi. 

Fin juillet, le président américain Donald Trump proposait une feuille de route américaine prévoyant notamment le désarmement du Hamas et le retrait israélien du territoire palestinien. Bien que le Hamas l’ait acceptée, Israël l’a refusée, conditionnant « tout retrait des troupes israéliennes de Gaza à un « véritable » désarmement du mouvement islamiste », explique Le Monde.

Au-delà des frappes, c’est toute la structure familiale des Gazaouis qui vole en éclats. Des dizaines de milliers de Palestiniennes sont actuellement seules pour nourrir leurs enfants, cherchant de l’aide et un abri dans un environnement dangereux. D’après une étude des Nations Unies publiée en septembre 2026, il y aurait 86 290 familles dans cette situation. « Je reste vivante pour mes enfants, mais ma vie à moi est terminée », déclare Hanane Abdel dans un échange avec Le Monde. Elle est seule depuis la mort de son époux, Ashraf, tué au cours de la guerre d’anéantissement menée par Israël dans la bande de Gaza.

L’impasse des évacuations

La tragédie se joue aussi aux frontières, où les évacuations se font au compte-gouttes. Selon plusieurs ONG, environ 1 500 Palestiniens se trouvent actuellement bloqués dans la bande de Gaza dans l’attente de rejoindre la Belgique. Ils invoquent un droit au regroupement familial, accordé à la suite de la reconnaissance du statut de résident de l’un de leurs proches exilés. 

On retrouve dans ce cas des étudiants boursiers. Cette situation bouscule la classe politique et universitaire en Belgique. Dans un communiqué publié le lundi 14 septembre, dix recteurs et rectrices ont dénoncé le « marchandage politique indigne » dont ces étudiants, ayant pourtant obtenu des bourses d’études, se retrouvent, à leurs yeux, les victimes.

Universités et ONG pointent du doigt un « manque de volonté politique » et l’accumulation d’obstacles administratifs ubuesques. Il y a notamment ll’obligation pour ces jeunes, pourtant bloqués en zone de guerre, d’aller déposer en personne leur demande de visa dans un poste diplomatique belge à Jérusalem ou au Caire.

Coincés entre les opérations militaires, les barrières administratives et la dangerosité de la situation, les civils de Gaza continuent de payer le prix fort d’un conflit enlisé. Qu’il s’agisse de survivre sous les tentes ou d’espérer rejoindre un campus universitaire en Europe, l’horizon des Gazaouis demeure, plus que jamais, bouché.

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