Amélie Nothomb : la femme qui écrit plus vite que son ombre 

Qui dit rentrée académique dit également rentrée littéraire ! Depuis 1992, l’écrivaine belge Amélie Nothomb sort un roman par an… à la rentrée. « L’Adolescence du perroquet » est sorti le 19 août et rencontre déjà beaucoup de succès. L’occasion était belle de mettre en lumière cette écrivaine belge, singulière et clivante à la fois.  Un « Gims de la littérature », vraiment ? 

Amélie Nothomb voit le jour le 9 juillet 1966 à Etterbeek. Issue de la noblesse belge, elle est amenée à beaucoup voyager durant son enfance pour suivre son père, diplomate. Une fois son cursus secondaire terminé, Amélie Nothomb entame une année d’études en droit. Ce sont les langues romanes qui finissent par la séduire et elle obtient une licence en philologie romane à l’Université Libre de Bruxelles. Le monde de l’enseignement l’attire dans un premier temps mais c’est bien l’écriture qui va se révéler à elle, comme une évidence. 

Un style qui marque les esprits

C’est à l’âge de 26 ans qu’Amélie Nothomb commence officiellement sa carrière de romancière.  Son premier livre « Hygiène de l’assassin » sort aux éditions Albin Michel et se fait immédiatement remarquer. Majoritairement composé de dialogues, il détonne et ne laisse pas indifférent. Le saut dans le grand bain réussi, la jeune écrivaine en veut plus. Quatre heures par jour : c’est le temps moyen qu’elle passe à écrire, comme si ce désir n’était jamais vraiment assouvi. Ses univers étranges, son style fluide et percutant deviennent des caractéristiques. Elle s’inspire de ses lectures et, dans certains de ses écrits, l’écrivaine n’hésite pas à appuyer là où ça fait mal. Parfois, c’est dans ses blessures qu’elle trouve l’essence de ses textes. En interview, Amélie Nothomb parle aussi de son lien avec la musique. Rechercher la sonorité parfaite des mots, c’est aussi important pour elle. Discrète sur sa vie privée, la romancière aime rappeler qu’elle tombe « enceinte » de ses livres, bien qu’elle n’ait jamais voulu d’enfant. Une personnalité qui sort quelque peu de l’ordinaire. Et si c’était ça finalement, la clé de son succès ? 

Des critiques à garder à l’œil 

Le succès d’Amélie Nothomb ne laisse pas indifférent. Et il amène son lot de critiques. Avec sa régularité monstre qui la caractérise, on ne prend quasiment pas de risque en affirmant que la romancière belge écrit plus vite que son ombre. Un rythme déroutant qui en agace plus d’un. Sachez que celui-ci pourrait être encore plus intense. Elle décide de publier un livre par an mais en écrit, en réalité, l’équivalent de trois. Mais au-delà de cette cadence effrénée, pourquoi agace-t-elle ? Peut-être parce qu’elle explore de manière régulière des thèmes étonnants, souvent cruels, avec une plume qui reste pourtant légère ? Ou alors, peut-être faut-il aller chercher du côté de sa personnalité ? Amélie Nothomb a répété à de nombreuses reprises qu’elle ne voulait ni se marier ni avoir d’enfant. Est-ce cette prise de position si prononcée et peu commune qui dérange ? Chacun est libre de se forger une opinion sur le sujet. Une chose est sûre, si Amélie Nothomb est vue par certains de ses détracteurs comme la « Gims de la littérature » (en référence à la répétitivité des productions du chanteur), elle a clairement trouvé la recette pour plaire dans la durée. Et ça, on ne pourra pas le lui enlever.

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