L’écrivain Henri Michaux dit que la jeunesse, c’est quand on ne sait pas ce qui va arriver. L’incertitude sur l’avenir pèse surtout sur les jeunes. Après tout, on ne sait jamais de quoi sera fait demain, surtout quand on doit se construire une vie. Ce doute est de plus en plus présent dans une époque anxiogène.
Le stress est en nette augmentation chez les 18-30 ans. L’imprévisibilité en est l’une des causes principales. Climat, guerre, économie, les jeunes nagent constamment dans le doute. Parmi les sources d’inquiétude, la question environnementale occupe une grande place. L’éco-anxiété, une peur constante du changement climatique et de ses conséquences, grandit de façon exponentielle. Le nombre d’incendies, inondations et autres tremblements de terre explose et a un impact direct sur la vision de l’avenir chez les jeunes. À quoi bon avoir des enfants si nous sommes trop sur Terre ? À quoi bon s’acheter une maison si elle va brûler ? Dans ce contexte, faire des projets à long terme peut sembler presque irréaliste.
Des fins de mois compliquées
La précarité économique persiste également. Les différentes guerres qui se déroulent à travers le monde provoquent une hausse du coût de la vie flagrante. S’ajoutent les difficultés à se loger. Le taux de jeunes à la rue augmente de plus en plus. En 2025, environ 17 % de la population belge était exposée au risque de pauvreté, soit 1,9 million de personnes. L’enseignement coûte également cher. Certains jeunes se voient contraints de choisir entre études et nourriture. L’idée d’une carrière linéaire et sécurisée appartient désormais au passé. Le marché du travail est perçu comme beaucoup plus complexe qu’avant. Les contrats sont précaires et les exigences sont élevées. Des situations qui freinent toutes perspectives.
Se concentrer sur le présent
Cette appréhension de l’avenir n’entraîne pas que de la négativité. Pour répondre à ces inquiétudes, certains jeunes changent leur manière de penser et de vivre. Ils se focalisent plus sur le moment présent. Voyages, expériences diverses, réorientations, le futur s’écrit en direct. On change de carrière, de fonction, de pays. D’autres s’engagent activement pour trouver des solutions aux problèmes du monde, qu’ils soient économiques, écologiques ou sociologiques. De plus en plus de jeunes se sentent concernés et veulent apporter leur pierre à l’édifice.
Le travail, pas une fin mais un moyen
Les priorités de vie évoluent également. La recherche du bonheur et de l’épanouissement est mise au premier plan. Là où les générations d’avant voyaient le travail comme essentiel, la nouvelle le perçoit plus comme une des nombreuses méthodes d’accéder à la paix et à la joie. La quête de sens et de bien-être prend une place grandissante. Les jeunes refusent le surmenage et accordent une plus grande importance à la santé mentale. Tous ces signes montrent un monde en mutation.
Ce rapport à l’avenir interroge en profondeur notre société. Au-delà des statistiques, c’est une génération entière qui redéfinit ses attentes, ses ambitions et ses repères. Entre lucidité et adaptation, les jeunes ne renoncent pas à leur futur. Ils tentent plutôt de le réinventer.
