La « transparence » démocratique   

Ceci est un document partiellement dévoilé. La lecture y est autorisée, la compréhension facultative.

AVERTISSEMENT : Afin de protéger des personnes très respectables et des carrières florissantes, certaines parties de cet article ont été volontairement caviardées. Merci de ne pas vous poser de questions. 

Officiellement, Jeffrey Epstein était un prédateur discret, sans fonction officielle ni métier clair. Officieusement, il avait en sa possession un jet privé, une île où tout restait secret et énormément d’« ami.e.s ». Son réseau était essentiellement composé d’hommes d’affaires, de politiciens, de célébrités mais aussi de membres de la royauté. Pourtant, rassurez-vous, personne ne savait. C’est comme l’illusion que donne la tique d’être seule, alors qu’en réalité, elle ne survit que grâce à un corps bien plus vaste.

Pour s’en sortir, il a utilisé à son avantage cette ignorance collective qu’a le monde à ne rien voir quand regarder coûterait trop d’énergie. Il y a des jeunes filles qui parlent, des accords à l’amiable qui se multiplient, des journalistes qui enquêtent… Malheureusement « nous ne disposons pas d’éléments suffisants ». Pourtant, ce ne sont pas des éléments qui manquaient, c’est du courage. 

Plusieurs années après son « suicide », des documents sortent. Enfin des noms apparaissent, puis disparaissent. Ce n’est pas un oubli, c’est un choix. Caviarder, c’est nous montrer juste assez pour donner l’impression que tout est là. Ils appellent ça la transparence démocratique. 

Suite à la surmédiatisation de ses actes choquants, internet s’est transformé en une mine d’or. Qu’est-ce qui est vrai, faux ? Tout se mélange. Les informations vont et viennent, on parle de scandale, de complot de suicide mais moins de ce que ces filles ont vécu. Sans humour cette fois, rappelons que le vrai scandale n’est pas les personnalités à grande notoriété impliquées, c’est les vies brisées de toutes celles qui n’avaient aucun pouvoir. 

Epstein était un prédateur sexuel, un violeur, un exploitant de mineurs. Là-dessus, il n’y a rien à nuancer. Mais il n’était pas puissant, il était utile. Et quand une marionnette ne sert plus, on coupe ses fils. Le système qui l’a protégé fonctionne encore très bien. Alors tant que certains noms resteront bla-bla-bla, tant que certaines vérités resteront bla-bla-bla, le système demeurera et continuera d’agir au détriment de la population. 

Document clos, aucune nécessité de réflexion critique ultérieure, merci de passer à l’actualité suivante. 

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