La télé avant la couleur

La télévision, cet outil essentiel dans notre quotidien, qui fête ses 100 ans cette année, n’a pas toujours été aussi coloré. Fut un temps où les écrans diffusaient uniquement des images en noir et blanc, et où chaque nuance de gris racontait une histoire à sa manière…

Pendant bien des années, regarder une émission ou un film en noir et blanc était la norme. Des centaines de familles se rassemblaient autour de leur écran, fascinées par ce monde en nuances de gris. Pas besoin de couleurs pour que ça marche, tout semblait simple et naturel… et pourtant, derrière chaque image, il y avait un vrai travail d’illusion. Mais comment le noir et blanc faisait-il pour rendre chaque détail presque artistique… et en même temps tromper complètement l’œil du spectateur ?

Les techniques de maquillage

À l’époque, les techniques de maquillage étaient bien différentes. En effet, il ne s’agissait pas de choisir des couleurs réalistes, mais bien de jouer avec les contrastes et les nuances de gris à l’écran. Certains rouges apparaissaient trop sombres tandis que certains verts donnaient un gris plus flatteur sous la lumière de la caméra. Il n’était donc pas rare pour les acteurs de porter du rouge à lèvres vert ou violet plutôt que rouge. Même les fards à paupière et le fond de teint étaient choisis pour accentuer ou adoucir les traits sous les lumières de la caméra. Chaque détail, du maquillage au costume, était pensé pour fonctionner et donner l’effet voulu à l’écran une fois passé au noir et blanc. C’est donc un vrai travail d’illusion et de réflexion. 

L’imagination

Sans couleurs, les spectateurs étaient plus libres de laisser cours à leur imagination. Ils pouvaient, à leur guise compléter, améliorer, changer l’image qu’ils voyaient, que ce soit en imaginant la couleur d’une robe ou la teinte d’un rideau.  Cette absence de couleur rendait chaque visionnage plus intime, plus personnel et permettait de se concentrer sur les émotions et les expressions, donnant au spectateur un rôle presque actif dans le récit.

La nostalgie d’aujourd’hui

De nos jours, le noir et blanc évoque une époque révolue et une certaine nostalgie, ressentie à la fois par ceux qui l’ont connue que par ceux qui la découvrent.  Pour les plus vieilles générations, c’est surtout le souvenir des soirées en famille, d’un temps où il fallait attendre 19 heures pile pour son émission préférée. Pour les plus jeunes, c’est une période intrigante, un peu mystérieuse, c’est la découverte d’un univers cinématographique plus « simple » mais tout aussi enrichissant. 

Le cinéma moderne

Plus qu’un simple souvenir du passé, l’absence de couleur est utilisée dans le cinéma de nos jours pour renforcer la narration ou l’esthétique d’un film. C’est le cas du film Oppenheimer de Christopher Nolan où une partie des scènes en noir et blanc permettent de distinguer les différents points de vue. De plus, dans le récent film de François Ozon, L’Étranger, fidèle adaptation du célèbre roman d’Albert Camus, est tourné entièrement en noir et blanc, afin de ramener à une époque passée. Le noir et blanc ne disparait donc pas totalement et conserve bien toute sa place dans le cinéma.

Alors, pourquoi ne pas (re)plonger dans le noir et blanc ? Pas besoin de connaître toutes les subtilités du maquillage ou des costumes pour en profiter, un classique comme Casablanca suffit à vous captiver. Et puis, contrairement à Charlie Chaplin, au moins ici vous entendrez quelques dialogues. Et si la couleur vous manque, libre à vous de l’ajouter dans votre tête !

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