Les rideaux fermés, la lumière de la salle encore allumée, voilà une façon peu habituelle de commencer une pièce que nous propose le collectif JPEG. À l’avant-scène, deux spécialistes de l’entertainment moderne présentent, en quelques mots, leur projet de modernisation du parc animalier “L’Ecrin du Borinage”. À l’ouverture des rideaux, le public, déjà conquis, plonge dans un décor saisissant et une suite de rires assurés.
Pour donner un nouvel élan à son entreprise, la directrice de “L’Ecrin du Borinage” fait appel à un couple d’hommes dans le but de rendre le zoo, et ses animaux, complètement virtuels. La réunion entre les intéressés, qui semble initialement être une simple formalité, prend des proportions inattendues au fil de la pièce, notamment avec l’arrivée sur scène d’un comédien, censé aider le jeune couple dans la virtualisation des animaux.
Cette pièce, qui a la particularité d’être mise en scène par quatre de ses comédiens : Siam De Muylder, Manoël Dupont, Jérémy Lamblot et Léopold Terlinden, offre à ses spectateurs de nombreux instants de rire, bien qu’à la lecture de la trame du spectacle, le sujet semble assez sérieux et actuel.
Malgré quelques minimes bugs liés à l’utilisation de technologies très exigeantes, “Toutes les beautés du monde” réussit à nous en mettre plein la vue… et plein les oreilles, avec des jeux de lumières et de sons intéressants. Ce décor splendide, qui s’appuie sur un enclos vitré on ne peut plus réaliste, impressionne par sa taille et par sa conception démesurée qui crée un univers musical et visuel prenant.
Si les cinq comédiens présents sur scène ont tous incarné leur rôle comme il se doit, Véronique Dumont, qui collabore avec les quatre metteurs en scène sur les planches, se démarque particulièrement aux yeux des étincelants présents ce jour-là. D’une manière déconcertante, celle-ci semble ne faire qu’un avec son personnage, la directrice du zoo. Avec sa voix et son rire grave, voire rauque, elle marque clairement sa présence sur scène et attire l’attention des spectateurs durant toute la pièce.
L’Etincelle se réjouit d’avoir assisté à cette pièce agréable et drôle qui se démarque par son décor et son accessibilité. Nous la conseillons à un public à la recherche d’un moment léger et sans prise de tête. Enfin, nous souhaitons mettre en avant le programme varié que Le Vilar nous propose cette saison, car tout le monde n’a pas la chance d’avoir un théâtre de cette ampleur à proximité de chez soi. Poussez donc une fois ses portes, chers lecteurs, et laissez-vous emporter par la magie du spectacle.
