Johnny vous explique le Shadow banning

Moins de likes, moins de commentaires, moins de visibilité… Sans avertissement ni notification, le shadow ban frappe en silence. Mais sais-tu vraiment ce que c’est ?

Le shadow banning, traduit en français par bannissement silencieux, se présente comme une restriction de la visibilité d’un utilisateur·rice ou de son contenu. À l’aide d’algorithmes, la plateforme cible les contenus jugés « inappropriés » selon les règles de la communauté. Par la suite, ces contenus sont moins mis en avant, voire plus du tout présentés.  

De la démonétisation à l’invisibilité

Pour comprendre ce phénomène, il faut garder à l’esprit que les plateformes comme YouTube ou encore TikTok cherchent avant tout à tirer profit, d’où le principe de la monétisation. Dans cette logique, ces applications appliquent la démonétisation aux contenus violents, sexistes ou homophobes, par exemple. Pour ce faire, l’algorithme scanne les vidéos et détecte les sujets dits sensibles, de potentielles infractions au droit d’auteur, etc. Une fois démonétisées, les publications sont moins mises en avant. Cela a pour effet d’influencer la production éditoriale, étant donné le lien entre le statut de monétisation, le nombre de vues et, indirectement, la « valeur » du contenu.

Les raisons de ce processus peuvent être diverses. Bien que certaines causes soient légitimes (contenu inapproprié, violent, etc.), cette modération amène parfois à une invisibilisation des voix impopulaires. De ce fait, les créateurs·rices sont devenu·es prudent·es dans le choix de leurs sujets et dans leur manière de les traiter. Certain·e·s y voient même une forme de censure cachée. 

Vers une pensée unique numérique ?

Le shadow banning crée ainsi une « zone grise » juridique et morale. Ce n’est pas une interdiction pure et simple de la vidéo, mais une mise à l’écart qui la rend inaudible.

Ce phénomène soulève donc une question fondamentale : peut-on encore parler de liberté d’expression quand l’audience est arbitrairement restreinte par un code informatique ? Même si, techniquement, les utilisateurs·rices conservent le droit de publier ce qu’ils·elles veulent, leur visibilité est contrôlée par des algorithmes opaques, agissant comme des juges sans tribunaux. 

En transformant l’espace public numérique en marché privé régi par ces algorithmes, le shadow banning risque de réduire la pluralité des idées à un simple flux de contenus similaires. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *